On achève bien les oiseaux

inadaptation

Création 2021
14-17 avril 2021 : Théâtre St Gervais - Genève - Festival C'est déjà Demain
22 juin 2021 :
Théâtre de Choisy-le-Roi, scène conventionnée d'intérêt national art et création pour la diversité linguistique
17-18 février 2022 : Nouveau gare au théâtre - Vitry
10-12 juin 2022 : Théâtre Vidy Lausanne - Festival New Comeuses

en guise de sortie virtuelle de résidence à 

la Chartreuse

Une idée originale de Sarah Calcine et Pauline Castelli

 

Mise en scène Pauline Castelli

Jeu Lucas Savioz, Sarah Calcine et Pauline Castelli

Écriture collective Adrien Cornaggia, Pauline Castelli, Sarah Calcine et Lucas Savioz

Costumes et scénographie Lucie Meyer

Création sonore Antoine Prost

Création lumières Céline Ribeiro

Vidéo spectacle, montage Yann Bétant

Régisseur-euse tournée Céline Ribeiro et Emile Schaer

Collaboration artistique Maxine Reys et Julien Meyer

Production et administration Jeanne Quattropani, cie Boule à Facettes

Coproduction cie Vous Etes Ici, Théâtre Paul Eluard de Choisy-le-roi, scène conventionnée d’intérêt national et création pour la diversité linguistique, Théâtre Saint-Gervais Genève

Partenaires La Chartreuse – Centre national des écritures du spectacle, TLH Sierre – Théâtre des Halles, Le CENT QUATRE (résidence d’essai), Le Carreau du temple, Arsenic – Centre d’art scénique contemporain à Lausanne (résidence labo)

Avec le soutien de Fondation Nestlé pour l’Art, Fondation Ernst Göhner, Loterie romande, Pro Helvetia (création et tournée), Ville de Lausanne (diffusion), Fondation Michalski

RECETTE DU POULET BASQUAISE

- 1 poulet coupé en 6 morceaux - 1 kg de tomate - 700 g de poivron (verts et rouges) - 3 oignons émincés - 3 gousses d'ail - 20 cl de vin blanc - 1 bouquet garni - 6 cuillères à soupe de huile d'olive - Sel - Poivre

SYNOPSIS

Le public est invité à participer aux fameuses soirées « Ciné-cooking » : une épreuve de cuisine se déroule pendant toute la durée de la projection d’un film. 

Mais un événement contraint la projection, les organisatrices vont devoir improviser pour sauver la soirée.

Nous sommes dans une salle des fêtes, avec ballons fatigués et paquets de confettis éventrés. Une femme et un homme s'y agitent encore. Désireuses de raconter la naissance d'une amitié en plein chaos, nous partons à l'assaut d'un mythe : On achève bien les chevaux, le film de Sydney Pollack qui se déroule dans un marathon de danse des années 30, où une prime était promise au couple qui tiendrait le plus longtemps.

Inadaptable ? Ça tombe bien, ce spectacle est une histoire de ratés, d'épuisement, d’inadaptation. Absurde comme ces concours qui saturent nos vies. Excitant comme des ados qui font des bombes dans la piscine des parents. Dangereux comme une vitre trop propre pour les oiseaux rêveurs.

« Le printemps s'est tu, quelque chose de très familier nous est progressivement retiré, quelque chose d'enveloppant et d'immémorial, la preuve et la célébration habituelle du monde, cet accès toujours chantant à l'intensité du vivant qui nous vient, nous semble venir, joyeusement, des oiseaux. » 

Marielle Macé

NOTE D'INTENTION

On achève bien les oiseaux nous évoque l'épuisement.

Épuisement du sens

Épuisement du rythme

Épuisement des mots et des corps

Épuisement des relations

Épuisement du plateau.

Un élastique pourri qu'on étirerait bien trop fort et qui tarderait à lâcher, comme s'il nous narguait en silence, avec un brin de violence. Et ce temps de suspension désespéré et magnifique pour des êtres parfaitement gauches et inadaptés. 

Épuisement d'un genre aussi, celui de l'adaptation du cinéma au théâtre. Nous avions envie d'étirer les accords et désaccords qui pourraient se produire dans la traversée d'un genre à un autre. Pour ne faire qu'évoquer en creux, essayer et rater, torpiller cette adaptation et n'en garder qu'un squelette, dansant.

C'est aussi l'histoire d'une inadaptation.

Celle des personnages de Sydney Pollack, celle d'une entremetteuse démente prête à tout pour créer un divertissement splendide et de son comédien exécutant débarqué ici malgré lui, celle de ces cuisiniers en toile de fond, tout à leur tâche et imperméables à la fiction, celle de spectateurs sur le qui-vive face à leur possible participation.

Notre spectacle met en présence des mondes qui cohabitent sans jamais se toucher. Comme dans le film de Pollack où les bourgeois viennent assister depuis leurs gradins à la mise à mort des participants en musique et paillettes.

Un spectacle inadapté aussi, un concours-show qui se serait peut-être trompé de salle, et qui déborderait entre fiction et réalité hors de ses limites et du rituel même de la représentation, qui ne s'arrêterait jamais de commencer.